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Publié par Trickster

Cette main là était aussi grande par la taille que par la qualité. Robert Rousse, Bob, est parti le 1er juillet dernier et ne reste plus désormais que dans nos mémoires.

Encore sous le choc, j'ai réalisé que pour ce qui me concerne, cette mémoire prend sa source au tout début des années quatre-vingt en même temps que commençait l'aventure Atman. Bientôt quatre décennies se seront écoulées depuis ce temps où l'ostéopathie nous apparaissait nimbée de merveilleux pour ne pas dire de magie. Nous étions dans la découverte de perceptions extraordinaires nous ouvrant à un monde à découvrir dans lequel ce que nous considérions auparavant comme impossible semblait littéralement pouvoir être touché du doigt.

Bob et ses grandes mains était en avance dans le domaine de la perception et je considère comme une chance le fait d'avoir travaillé dans un cabinet où nous nous retrouvions chaque semaine avec à chaque fois de nouvelles questions, de nouvelles hypothèses.

Bob ne semblait pas connaitre le doute et cette confiance qui émanait de lui était si contagieuse que je me  sentais encouragé à accepter des sensations, des perceptions que j'aurais été tenté sans cela de classer dans la catégorie audace, perdant ainsi un temps précieux. Car il n'y avait pas de temps à perdre. Nous avions une soif de découvrir toujours d'avantage, de réussir toujours mieux à soulager ces patients qui déjà nous faisaient confiance.

Bob était un expérimentateur et tout était bon pour découvrir ces formidables pouvoirs que nos corps étaient censés détenir, depuis la méditation jusqu'à la course à pieds. Et des kilomètres, nous en avons parcourus. À l'affût de tous les incidents, toutes les sensations, un pied qui devient douloureux ou une cheville qui faiblit ou encore un genou qui subit la dureté de l'asphalte.

Comment modifier sa posture, l'attaque du talon, la foulée elle-même et son rythme, comment situer sa présence et son souffle là où il y a difficulté et parfois même comment savoir s'arrêter et corriger soi-même le problème avec le bon contact, le juste accompagnement des tissus. C'était passionnant et tellement plus formateur que la littérature technique.

Et toutes ces expériences de course nous ont amenés en 1983 jusqu'au marathon de Paris que nous avons parcouru honorablement, avec à l'arrivée, l'illustration très précise de l'expression se sentir vidé, transparent, mais tellement heureux de l'avoir fait.

Bob était pour moi une force de la nature et il n'y a pas si longtemps encore, je l'ai vu franchir la ligne d'arrivée d'un triathlon par la grâce de Facebook auquel on doit reconnaître cet intérêt.

Et puis le temps a passé, nos vies ont suivi leurs cours et je n'ai plus tard rencontré Bob que de façon occasionnelle et en particulier à Montréal.

Mais tant que nous vivons, les souvenirs eux sont immortels et je n'ai pas oublié.

Merci Bob pour ces moments passés ensemble et... à plus tard.

    De très belles et émouvantes images                                                                                       

                                                                                                         

                                                                                                       Alain Andrieux

 

 

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