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Publié par AA

25 mars 2007 : date de lancement d'une entreprise de démolition.  

Décrets n° 2007-435, n° 2007-437 et arrêtés du 25 mars 2007 relatif aux actes et aux conditions d'exercice de l'ostéopathie et de sa formation, publiés au J.O du 27 mars 2007.

L'entrepreneur est d'une taille considérable, ses moyens ne le sont pas moins. Les intéressés, de quelques centaines potentiels qu'ils étaient se retrouveront quelques milliers, et compte-tenu de l'invraisemblable multiplication des agréments de centres de formation (conséquence directe de l'application dépourvue de discernement de ces décrets), c'est la question concernant la quantité représentée par "quelques" qui devient extrêmement inquiétant. La formation incroyablement revue à la baisse par les textes des décrets va nécessairement lancer sur le "marché des soins" un nombre considérable de praticien incompétents. Qui va en subir les conséquences ? Les utilisateurs bien sûr et quoi de mieux pour discréditer une pratique que de la dissoudre dans le médiocre c'est à dire dans l'inefficace.
Le partage du titre entre des catégories différentes de praticiens de santé était déjà suffisant en soi pour que l'ostéopathie soit promise à une dégradation rapide.
D'abord des médecins qui (à de très rares exceptions près) n'ont jamais considéré l'ostéopathie que comme une liste de techniques de manipulations articulaires à usage symptomatique, et qui d'ailleurs sortant du cadre même des décrets, obtiennent le titre avec une quantité ridicule d'heures de formation correspondant au D.I.U dit de "médecine manuelle-ostéopathie". La médecine allopathique exige une longue formation, mais cette longue formation en médecine ne qualifie pas en ostéopathie. La pratique de l'ostéopathie ne se limite pas à l'exécution de gestes spécialisés elle nécessite une vision très spécifique de la santé et exige par conséquent un esprit qui développe cette vision ostéopathique.
Ensuite des kinésithérapeutes qui sont invités par ces mêmes décrets à ajouter à leurs actes professionnels une proportion d'ostéopathie qui, transformée le plus souvent en adjuvant est assurée de perdre tout son sens.
Enfin ceux qui ayant choisi d'être ostéopathes se voit désormais interdit un niveau de formation qui pourrait effectivement leur donner une chance de le devenir vraiment.
Longtemps menacée de l'extérieur, l'ostéopathie est désormais menacée de l'extérieur comme de l'intérieur dans une confusion propre à rendre incompréhensible au grand public qui n'est pas ou mal informé, les différences structurelles entre tous les "porteurs du titre" et par suite, dans leur conception de ce que représente le mot ostéopathie.
Enfin, pour compliquer les choses encore un peu plus, il faut bien dire que la désunion étant la première caractéristique des diverses organisations censées représenter ceux qui se réclament de l'ostéopathie authentique, on voit mal quelles seraient les mesures de résistance efficaces, c'est-à-dire numériquement significatives, pour envisager une amélioration de la situation dans un avenir proche.
C'est pour avoir dressé un tableau bien peu réjouissant, mais malheureusement lucide de la situation de l'ostéopathie en France, qu'il faut néanmoins envisager toutes les mesures possibles de résistance.
Nous devons nous y atteler avec détermination.
AA
 

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