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Publié par Trickster

S'il est une qualité qui me parait indispensable à l'enseignement d'une matière telle que l'ostéopathie, c'est bien l'authenticité. Être soi-même, savoir qui l'on est et ne pas chercher à apparaître comme quelqu'un d'autre. Peut-être aurais-je du dire être soi-même ostéopathe, car il semble que cela ne soit pas évident à certains. Bien sûr il n'est pas nécessaire d'être ostéopathe pour enseigner l'anatomie, mais pourtant, l'anatomie dans le champ de vision médical est-elle la même que dans la vision ostéopathique ? Non, évidemment non. Le premier est le plus souvent discriminant, le second a le devoir d'être globalisant. Le premier conduit a créer de nombreuses spécialités, le second à unifier le corps humain et à faire de l'ostéopathie l'approche globale qui lui confère son originalité et sa force. Enseigner l'anatomie à de futurs ostéopathes exige à tout le moins la conscience forte de cette globalité, conscience forte construite sur la pratique et l'expérience. Still n'a-t-il pas construit le concept ostéopathique d'abord sur des pratiques parfois intuitives, sur des ressentis. C'est la théorie qui est venu ensuite habiller la pratique, celle-ci étant comme sa charpente, son squelette. Un authentique enseignant en ostéopathie ne peut-être qu'ostéopathe avant tout. Les matières complémentaires peuvent être enseignées par d'autres professeurs mais il reste encore le besoin du lien avec le cœur de cet enseignement.

Dans l'état actuel des choses où bon nombre d'écoles agrées pour enseigner l'ostéopathie ne devraient même pas exister, je n'ai aucun doute sur l'absence totale de cette qualité d'authenticité chez un nombre considérable de ceux qui se présentent comme enseignants ou que l'on emploie comme tels.

Il est vrai que l'authenticité, composante que devrait posséder un enseignant selon Carl Rogers, que ce soit en ostéopathie ou en quelque autre matière, est une condition aussi idéale que le paletot d'Arthur Rimbaud. Être soi-même et s'accepter comme tel demande souvent beaucoup de temps et ça se fait rarement sans l'aide d'un autre qui a déjà fait cette démarche. Se connaître soi-même, atteindre à La connaissance de soi comme le décrit Marie Madeleine Davy est un but difficile à atteindre mais en fait l'important est de se mettre en chemin et d'avoir la conscience de la nécessité de ce voyage.

Je crains malheureusement que toutes les propositions de loi, même les meilleures, n'y suffiront pas.

 

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Jl Boutin 28/05/2010 09:04


Bien sûr, l'authenticité est la base, c'est une évidence. Je crois, à ce que j'en entends d'ici ou là qu'elle manque assez souvent et que l'ego et le faire valoir dans l'enseignement de
l'ostéopathie est plus fréquent que tu ne le laisses supposer.
Néanmoins, ce qui est frappant dans l'enseignement de l'ostéopathie c'est le manque de formations des enseignants : combien de bons élèves deviennent, une fois leur diplôme en poche, des moniteurs
et plus tard des enseignants sans qu'ils aient reçus ne serait-ce qu'une once de formation.
C'est là que le bât blesse dans les écoles et collèges, même les plus réputés.
J'attends encore, et je ne suis pas le seul, que les collèges publient la liste de tous leurs enseignants et formateurs avec en regard leur formation universitaires et autres.
Nous serions sûrement surpris de voir pour certains leur parcours de formation, parcours de très grande valeur, et pour d'autres, mais je laisse le soin à d'autres de dire cela.

Alors, authenticité, oui, bien évidemment, et c'est une lapalissade, mais est-ce seulement une condition suffisante ? ou seulement la première condition ?


Trickster 28/05/2010 12:08



Merci Jean Louis pour ton commentaire toujours pertinent. J'ai participé à un enseignement, de façon plus ou moins impliquée, pendant une vingtaine d'années. J'ai eu largement l'occasion et le
temps d'observer le comportement des uns et des autres et de prendre conscience aussi du mien au cours de toutes ces années. On ne peut enseigner valablement que ce que l'on pratique et dont on a
l'expérience. On ne peut d'ailleurs prendre de plaisir à l'enseignement que moyennant cette condition sans laquelle cette entreprise devient pur masochisme. C'est en tout cas mon point de vue.


L'authenticité n'est que la base comme tu le pointes du doigt, mais elle sous entend un minimum d'expérience et un maximum d'honnêteté. Je n'ai jamais rencontré le moindre problème à dire que je
ne savais pas répondre à certaines questions. Je n'en dirais pas autant de ceux que j'ai parfois surpris à essayer de noyer le poisson installant ainsi de la méfiance vis à vis de l'enseignant et
parfois de la suspicion envers l'ostéopathie. Tout à fait d'accord avec ton analyse de la composition des enseignants mais ma crainte est que cela s'aggrave encore. Il est clair qu'il est plus
facile et plus intéressant financièrement pour nombre d'entrepreneurs d'enseignement, de recruter des jeunes diplômés sans expérience et qui se satisfont du SMIC qu'on leur propose parce qu'ils
n'ont pas d'autres ressources. C'est un scandale qui perdure depuis trop longtemps et qui ne verra son terme que lorsque l'enseignement sera encadré par autre chose que des intérêts privés.


Alors bien sûr, l'authenticité n'est que la condition nécessaire mais pas suffisante, il faut aussi qu'elle trouve sa nourriture dans un minimum de connaissances. Après, pour revenir vers Carl
Rogers, il s'agit de communication entre l'enseignant et ses élèves et là, l'égo est prié d'aller voir ailleurs. M'ouais...