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Publié par Trickster

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Je me réjouis vraiment du succès remporté par la publication de "Indignez vous " de Stéphane Hessel. Cela correspond probablement à cette indignation potentielle contenue en beaucoup de gens mais qui n'ose pas s'exprimer sans avoir l'assurance du soutien de l'entourage. Ainsi de ces applaudissements d'une personne, qui soudain s'aperçoit qu'elle est seule à manifester son approbation à une chose qui vient d'être dite.

Alors le grand mérite de Monsieur Hessel est sans doute d'avoir pris la responsabilité d'exprimer à titre personnel, ce qui est dans le cœur de nombreuses personnes. Sans doute a-t-il été celui qui, applaudissant seul, ne s'est pas arrêté pour autant, indifférent au possible jugement des autres. Il a en quelque sorte autorisé chacun à se re-approprier la faculté d'indignation dont chacun est détenteur sans oser toujours l'utiliser, ou en y ayant renoncé avec l'adhésion au club des "à-quoi-bonistes" dont notre société encourage tellement le développement.

Il y a tellement de mensonges, de promesses non-tenues de la part de ceux qui sont détenteurs, au moins en théorie, de la capacité de changer les choses, les gens au pouvoir, les politiques, que l'une des réflexions qui revient le plus souvent en guise de bâillon c'est : à quoi bon ?

Mais n'est-ce pas aussi parce que l'indignation ne suffit pas ? Elle soulage, elle libère une certaine pression mais au-delà que change-t-elle à la donne. Rien immédiatement.

Eric cantona a bien fait un pas de plus en suggérant que chacun vide son compte en banque ce qui ne manquerai pas de créer une certaine pression sur les dites banques.

Mais il y manquait la réflexion conduisant à réaliser que les clients des banques sont pieds et poings liés par les banques et toutes les charges dont il est impossible de s'extraire, du loyer aux traites de l'automobile en passant par l'électricité ou le gaz, l'urssaf, la caisse de retraite, l'assurance maladie et j'en passe.

Ce foot-baller brillant, devenu comédien d'avenir, a tout de même ouvert la voie à la recherche concrète d'un au-delà de l'indignation. Cet au-delà ne peut passer, pour être efficace, que par une action sur la consommation puisque c'est l'oxygène des banques et du pouvoir politique, sans doute pathétiquement prisonnier des leviers économiques.

Charles Cunningham Boycott (1832-1897) intendant irlandais d'un riche propriétaire terrien de l'Irlande de l'ouest a donné son nom à cette pratique, d'abord boycottage consistant à priver telle ou telle entreprise des débouchés qui lui donne son pouvoir. 

La télévision sans spectateurs trouverait-elle encore des sponsors ? Les opérateurs téléphoniques sans clients imposeraient-ils leurs tarifs ? Les hommes politiques sans électeurs pourraient-ils continuer à mentir ? 

Oui je sais, ces exemples sont un peu extrêmes, encore qu'on peut très bien se passer de télévision et, il n'y a pas si longtemps, on se passait aussi très bien de téléphone portable.

S'il le fallait vraiment, saurait-on se priver de ce que la société dans laquelle nous vivons nous fait croire que c'est indispensable ? La réponse à cette question, est aussi une des manières de mesurer le "à quoi bon" qui nous empêche trop souvent d'agir.

Allez, à titre d'exercice, rien n'empêche de dresser une liste de tous les moyens d'action possibles qui viennent juste après l'indignation.

 

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Nowar 03/01/2011 16:32


Que nous reste-t-il après l'indignation? Comme tu l'as déja remarqué, ce regard gêné d'un public àquoiboniste partagé entre la tentation d'exclure et une compassion de groupe pour ceux qui, comment
le pourraient-ils avec tout ce que la vie nous offre (à ce niveau débute le discours sur l'ingratitude. Mais aussi cette fierté d'avoir dit, et d'avoir vu briller dans quelques regard la flamme
discrète d'une approbation timide chez ceux à qui l'on pourrait chanter: "Elle est à toi cette chanson........" de cet indigneurs superbe qu'était le grand Georges Brassens.


Trickster 03/01/2011 18:47



Merci pour ce nouveau commentaire au parfum de 2011 et la présence du divin moustachu auquel il faudra bien qu'un de ces jours, j'accorde une place chez les enfants de Still.


Je "l'inviterai" par surprise car sinon, il serait capable de ne pas venir ce si convivial timide.