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Publié par Trickster

 

 

Hier, 1er avril, j'ai été assez tenté par l'idée d'un poisson de belle taille, un peu comme cette fameuse sardine qui patrouillait dans le port de Marseille et risquait de faire chavirer les barcasses avec ses mensurations de cachalot. J'étais tenté mais en même temps je manquais un peu de temps pour mettre mon projet à exécution. Pour un poisson pareil, il faut appâter, bien préparer ses lignes (vous saisissez là, au passage, les lignes...non ? ça ne fait rien) et organiser sa campagne de pêche.

Mon idée, que je vous dévoile, correspondait à ce qui commence à ressembler au rêve de l'ostéopathe moyen, comme vous, comme moi, rêve probablement partagé par tous ceux qui, précisément, ne se souviennent pas de leurs rêves, et que j'encourage désormais à être attentifs, car s'ils ne s'en souviennent pas, ça ne veut pas dire qu'ils ne les font pas.  

Voilà je vous le dis : il s'agissait de l'annonce de la fermeture d'une bonne vingtaine de ces écoles, écloses depuis le printemps 2007 qui a vu, presque en même temps, la naissance de décrets iniques concernant l'ostéopathie et celle d'une présidence qui, en cas de "récidive", nous mène tout droit à la fin du monde en 2012. Ils avaient du nez ces Mayas.

 

Mais revenons à nos moutons et à ces écoles qui fermaient. Certaines le faisaient suite à la prise de conscience soudaine de leurs directeurs, touchés par la grâce, d'autres sentant le vent d'une saine colère commencer à souffler, se disaient que finir avec leurs économies dans une ile, au soleil, n'était pas une si mauvaise option et d'autres encore, à la réception de la nième plainte déposée par des parents fatigués de l'entretien de leurs enfants sans travail, se disaient qu'il était grand temps de changer d'activité.

Bon, je sais vous n'y auriez pas cru, malgré tout le talent que je suis parfois capable de déployer dans la farce.

De toute façon je n'avais pas le temps mais figurez vous que ce même 1er avril, je reçois tout à fait sérieusement, la copie d'une lettre analogue à celle publiée dans "Coup de gueule..." et que SFDO et Registre auront reçu également comme le signale l'auteur de cette missive.

 

Le contenu de cette lettre, que je trouve mesurée, dit assez clairement les choses sans qu'il soit besoin de la commenter.

Je vous la livre donc sans autre effort de présentation.

J'ajouterais néanmoins que les enfants de Still n'ont pas vocation à publier toutes les courriers de ce type qui leurs seraient proposées. Dans ce cas d'espèce, il y avait après celui de Thierry Le Men, une redondance qui nous a semblé significative. Ceci nous a amené à demander à Pierre Renaudeau l'autorisation de cette publication. Qu'il en soit remercié.

 

AA

 

 

 

PIERRE  RENAUDEAU                                                              Le 1 avril 2011

OSTEOPATHE  D.O  M.R.O.F

Membre du S.F.D.O

Membre de l’Académie d’Ostéopathie

17 bis rue de la cave

79300  BRESSUIRE

 

                                                                                            A   Collège   XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX

 

 

Monsieur,

 

 

 

J’ai très bien reçu vos courriers (deux, en dates des 7 février 2011 et 25 mars 2011). J’ai pris le temps de la réflexion avant de vous répondre.

 

En effet, vous proposez de m’impliquer plus étroitement dans votre démarche pédagogique, ainsi que de mettre à jour votre liste de professionnels qui accueillent des étudiants, et enfin pour valoriser au maximum auprès de mes patients, mon rôle et ma capacité à prendre part à la formation des futurs Ostéopathes (La majuscule est rajoutée par mes soins).

 

A ces fins, qui demandent une analyse plus fine, vous proposez :

D’afficher une attestation « Maître de stage ».

D’être référencé sur Internet en tant que « Maître de stage ».

 

Je voudrais d’abord rectifier une donnée préliminaire, je me suis investi comme maître de stage pour deux personnes qui m’ont appelé, m’ont fait confiance et dont j’ai la promesse orale de les voir accomplir cinq ans et un mémoire.

Il ne s’agit pas d’investissement pour le XXX que je ne connaissais pas auparavant, et dont par ailleurs j’ai découvert, grâce à mes deux stagiaires, le cursus 3+2, alignement sur les décrets de 2002 avec tout ce qu’ils représentent de minimaliste. Il est heureux que vous passiez dès l’an prochain à cinq ans, mais sans faire mention du D.O ni du mémoire, ce que je regrette.

 

Par ailleurs, je ne me suis pas senti en adéquation avec le programme très structurel de votre collège. Ma patientèle en effet est constitué à 68  % (plus des deux tiers) de personnes de plus de 40 ans (statistique 2008-2009) et ce type de patients, de plus en plus fréquents en cabinets d’Ostéopathie (ce qui ne risque pas de changer compte tenu du vieillissement de la population) présente moult contre-indications au structurel, et fuit ces techniques comme la peste. Comment ces jeunes affronteront-ils cette problématique ?

 

D’autre part, j’ai appris qu’une quatrième structure XXX va ouvrir dans l’Est de la France. Je ne puis là non plus cautionner une telle démarche. Vous n’êtes pas en effet sans savoir, à moins d’être très désinformé, que la progression faramineuse du « parc » de professionnels Ostéopathes commence à priver les jeunes installé de revenus décents. Mon propre chiffre d’affaire a baissé l’an passé pour la première fois depuis plus de quinze ans, vraisemblablement sous la pression du nombre de professionnels en exercice. Il n’est que de consulter le message récent de l’UFOF sur le Site de l’Ostéopathie : Extraits : (Trop d'écoles, trop de professionnels, plus assez de revenus. L'ostéopathie est en danger… baisse de leur bénéfice moyen de 12%... Nous sommes loin des promesses de fortune vantées par des écoles d'ostéopathie peu scrupuleuses… près de 50 écoles couvrent le territoire français, soit 70% des écoles dans le monde !... aujourd'hui la majorité des nouveaux diplômés vivent en dessous du SMIC avec moins de 1 000 euros de bénéfice…. 4 200h heures d'enseignement dont 1000 heures de pratiques cliniques, préconisées par le rapport de l'OMS Ç Benchmark for Training in Osteopathy »,… Chiffres tirés de l'UNASA (Union Nationale des Associations Agréées).

 

Ces éléments sont assez éloquents et se passent de tout commentaire. L’ensemble de la classe syndicale ostéopathique est désormais convaincue qu’il FAUT FORMER BEAUCOUP MOINS D’OSTEOPATHES, parce que nous courons vers la catastrophe.

 

Vous-même, qu’en pensez-vous ?

 

Etant moi adhérent du Registre des Ostéopathes de France, je me suis engagé sur l’honneur à ne pas cautionner une démarche d’enseignement qui ne corresponde pas à l’idéal de la Profession, similaire aux critères de l’OMS.

 

Pour toutes ces raisons je ne souhaite pas apparaitre sur votre site Internet, ni afficher dans ma salle d’attente, je n’ai pas besoin de cela auprès de mes patients et cela ne servirait qu’à faire de la publicité pour le XXX et à travers lui aux différentes formations, alors qu’il faudrait réduire le parc d’étudiantes et d’étudiants par dix.

 

 

Je terminerai en précisant que cette réponse n’a rien de personnel mais serait la même à un autre collège. Vous souhaitez mon soutien et ma confiance ? Alors présentez une première année avec vingt élèves, plus de clinique et un D.O au final avec un Mémoire.

 

Je ne pense pas pouvoir espérer quoi que ce soit car les petits signes en disent plus long que les grands mots, et vous mettez dans votre courrier une majuscule à maître mais pas à Ostéopathe…

 

Je prends pour ma part en charge les deux étudiantes, très studieuses, que j’ai déjà accueillies en stage, et leur ai proposé l’aide nécessaire pour leur mémoire, car il nous tient à cœur, une fois qu’elles (ou ils) sont engagé(e)s dans ce cursus, d’aider les futures consoeurs (et confrères) que sont les étudiant(e)s.

 

C’est à ce titre confraternel, et à ce titre seul que j’ai encadré deux élèves de votre établissement. Pour en recevoir d’autres c’est une affaire de relation individuelle.

 

A suivre donc .

 

 Confraternellement.

 

 Copie adressée au R.O.F  et au S.F.D.O

 

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