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Publié par Trickster

Dans la période, ô combien remarquable, de la féroce lutte contre la grippe H1N1 menée par notre ministre de la santé, ô combien éclairée par les phares de l'OMS et des laboratoires pharmaceutiques, ce titre aurait pu ressembler à un refus d'obtempérer à l'une des magistrales consignes du ministère : éternuez dans votre coude !

Mais nous avons pris de la distance par rapport à cette période, H1N1 n'est plus d'actualité. Encore que de très mauvaises langues se sont laissées aller à évoquer la possibilité de fourguer les réserves de vaccins au cours de la prochaine campagne de grippe saisonnière. Incroyable? Allez savoir. Nous verrons ça à l'automne. A moins qu'une autre épidémie (salutaire) ne vienne très prochainement détourner les médias des problèmes d'incontinence, enfin de fuite de capitaux, liquide en l'occurrence, qui passionnent l'opinion actuellement et particulièrement, ceux qui ont du mal à joindre les deux bouts entre le loyer et les charges du quotidien. L'opposition, qu'on n'entend pas beaucoup, ne semble pas tout à fait à l'aise pour des raisons qui, pour se situer à un autre niveau, n'en sont pas moins similaires. Ah la politique, quel beau métier.

Mais ne nous égarons pas, il s'agit de se moucher du coude ou pas. D'abord cette expression, que tout le monde connait, mérite un petit rappel quant à son origine. On peut dire aussi "se moucher du pied".

 

« Ne pas se moucher du pied (du coude)  »

Signification : Se croire quelqu'un d'important. Avoir de grandes prétentions.

Origine : Au XVIe siècle, quelqu'un qu'on "mouchait du pied" était quelqu'un qu'on bernait facilement. Donc un niais, assimilé à une chandelle qu'on aurait pu 'moucher' (ou éteindre) sans même avoir besoin d'y mettre la main.

Le verbe 'moucher' y avait d'ailleurs aussi le sens de 'tromper' ou 'séduire avec des arguments trompeurs'.

C'est à partir du XVIIe siècle que la signification a évolué.

A cette époque, les saltimbanques (donc des gens de basse classe) pouvaient, dans la rue et grâce à leur souplesse, se contorsionner et se passer le pied sous le nez, comme s'ils se mouchaient avec.

Par comparaison, les gens de la haute ne risquaient pas de se moucher du pied.

A cette époque également, beaucoup de personnes de condition modeste avaient l'habitude de se moucher sur leur manche et quelqu'un qui se mouchait de la manche ou du coude était un malappris, aisément repéré par les taches vertes et gluantes sur son bras.

Par contre l'élite de la société utilisait un mouchoir et n'avait donc aucun besoin de se moucher du coude.

Ces deux variantes de l'expression permettaient de bien différencier la piétaille de l'aristocratie.

Cette locution, dans sa forme négative, est petit à petit devenue ironique, pour désigner des gens imbus d'eux-mêmes, prétentieux, qui affichent de grands airs ou qui tentent de se faire passer pour des personnes raffinées, aisées ou intelligentes.

 

Bon revenons à notre propos, pourquoi la FFMKR ne se mouche-t-elle pas du coude ? Peut-être est-ce aussi pour ne pas manquer d'air? On reste de toute façon dans le même registre. La FFMKR donc, qui aurait tendance à péter plus haut que son K ne l'y autorise, a tout simplement refait la proposition de loi Debré en annexant purement et simplement l'ostéopathie. Elle y propose sa définition de la manipulation qui rappelle le bon vieux temps de 1962 ou l'ostéopathie était assimilée pêle-mêle à la vertébrothérapie, la chiropraxie et autres manœuvres forcées des articulations. S'il pouvait subsister un doute, cela montre que ces messieurs n'ont toujours rien compris à l'ostéopathie. En tout cas ce n'est pas ça qui les intéresse. L'intérêt c'est de tarifer des gestes !

La FFMKR n'a pas de "morve sur les manches" car à lire son texte il n'y a pas loin, non pas du capitole à la roche tarpéïenne, mais de Still à la kinésithérapie. Attendez vous à savoir, comme disait Geneviève Tabouis, il y a un bon nombre d'années dans sa chronique quotidienne, attendez vous à apprendre, plus exactement, que Still, à les lire, est probablement un pionnier de la kinésithérapie qu'il pratiquait probablement sans le savoir.

Je ne vais pas passer en revue ce texte dont je reparlerai plus bas, mais il faut signaler un passage qui va encore plus loin dans la malhonnêteté.

Les "manches dépourvues de morve" n'hésitent pas à aborder un chapitre intitulé :

Les fraudes éventuelles

 

En conformité avec la réglementation, la FFMKR exige de ses adhérents le respect total du principe de non prise en charge des séances ostéopathiques par la solidarité nationale. Aucune intervention ostéopathique ne saurait être mise à la charge des régimes obligatoires.

Toutefois, rien n'empêche légalement et déontologiquement qu'un MK ostéopathe utilise les techniques ostéopathiques (à l'exception des manipulations) dont il dispose au cours d'une séance de rééducation. L'utilisation ponctuelle d'une telle technique lui permettra ainsi de normaliser une dysfonction qui gêne la rééducation et d'en accroître son efficience. Cette séance de rééducation n'aura alors aucune raison de ne pas être facturée au tarif conventionnel en vigueur.

Une telle malhonnêteté est insurpassable. Mais comme beaucoup de menteurs, ces gens là finiront sans doute par croire à leur propre mensonge.

Mais si à l'évidence, ils ne se mouchent pas du coude, je veux croire qu'ils se mettent le doigt dans l'œil jusqu'au coude (au moins) s'ils imaginent un instant qu'ils vont trouver des gens pour ne pas voir la grossièreté de la manœuvre. C'est grossier, indécent et déshonorant.

Il me reste assez d'amis kinésithérapeutes, qui je le l'espère n'appartiennent pas à ce syndicat, pour trouver la tentative parfaitement nauséabonde. 

« Se mettre le doigt dans l'oeil  »

Se tromper grossièrement.

Attention, cette explication est réservée aux personnes majeures, à l'esprit ouvert. 

Chacun sait qu'un doigt dans l'oeil, non seulement cela peut faire très mal, mais cela peut aussi l'abîmer irrémédiablement.

Certaines explications sur l'origine de cette expression évoquent la pauvre grenouille de bénitier qui fait le signe de croix de manière si maladroite qu'elle se plante malencontreusement le doigt dans l'oeil (l'histoire ne dit pas si elle enchaîne alors par une danse du scalp autour du bénitier).

Mais leurs auteurs se mettent probablement le doigt dans l'oeil.

Car c'est oublier qu'en argot, l'oeil désigne aussi l'anus et que, dans le langage populaire, l'erreur est souvent exprimée par des termes évoquant des choses placées sous la ceinture.

Ainsi, quand on se trompe, on peut dire "se foutre dedans" et quand on est trompé par quelqu'un, les allusions à la sodomie deviennent fréquentes.

Quant au doigt, dans un contexte pareil, il est facile d'imaginer ce qu'il représente.

De là, on comprend qu'on puisse évoquer, sinon réellement pratiquer, l'auto-sodomie en se mettant le doigt dans l'oeil lorsqu'on est lourdement trompé par soi-même.

Alors pour en finir avec ce lamentable syndicat dont le beau logo mauve m'a très vite évoqué le papier toilette, sachez que j'ai adressé à la société Lotus, département papier toilette, un projet d'impression pour leur rouleau sur papier double épaisseur du texte proposé par la FFMKR. Ce serait une édition spéciale, le temps de l'écoulement de quelques chasse-d'eau avec en filigrane FFMKRPQ.

Alain Thégral.

 

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