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Publié par Trickster

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C'est vrai qu'il était un peu surprenant cet article paru dans Le Monde du 2 août qui présentait l'ostéopathie pour les nourrissons et ouvrait une pleine page à quelques ostéopathes pour en parler.

Mais beaucoup moins surprenant l'article du 8 août qu'on peu lire sur Le Monde.fr écrit par un neuropédiâtre du CHU de bordeaux qui ne goûte évidemment pas les déclarations de nos confrères ou consœurs, sur les bienfaits possibles de la prise en charge des nourrissons par l'ostéopathie.

Mais où le bât a-t-il blessé ? Car manifestement il a blessé.

Et bien comme souvent, il a blessé certains détenteurs du savoir et en l'occurrence, l'un d'entre eux en particulier qui sait tout ce qu'il est permis de savoir sur le crâne des nourrissons, son contenu et la manière dont ce contenu fonctionne. Et bien entendu, sur un certain plan, il en sait beaucoup plus que n'importe quel ostéopathe qui avance la possibilité manuelle d'agir sur ce crâne et son contenu.

Il n'est pas question de mettre en balance un savoir d'un côté et un savoir faire de l'autre, savoir faire qui se place sur un autre plan.

Une fois de plus, les ostéopathes qui sont en cause ont péché par le langage, un langage adapté au grand public pour illustrer quelques unes des possibilités de l'ostéopathie, le langage qu'ils emploient d'ailleurs trop souvent avec les parents parce que c'est difficile de décortiquer les choses et de consacrer plus de temps aux explications qu'au travail lui-même. 

Et lorsque le nourrisson est sur la table de soins, ce qui compte le plus ce n'est pas l'exposé du savoir de l'ostéopathe sur un mode plus ou moins scientifique, c'est son savoir faire concernant le but de la consultation.

Le but de la consultation, c'est d'abord, comme chez un adulte et je le souligne pour répondre à l'introduction de l'article du Docteur Jean-Michel Pedestan : "l'ostéopathie crânienne du nourrisson et du nouveau-né qui doit être distinguée de celle de l'adulte"- comme chez un adulte donc, de reconnaître la et/ou les zones de dysfonction concernant la mobilité corporelle autant que les celles du crâne qui manifestent, par un changement de la qualité tissulaire, une compression concernant, au minimum une ou plusieurs sutures, conduisant le plus souvent à une déformation plus ou moins complexe et plus ou moins lourde de conséquences.

Ce dont le savoir du Docteur Pedestan, que son nom vouait forcément à s'occuper des enfants, refuse de tenir compte, c'est de l'unité corporelle, de la globalité du corps humain.

Sa spécialité de neuropédiatre ne devrait pas lui faire perdre de vue ce que démontre de façon remarquable un autre bordelais en la personne du docteur Jean Claude Guimberteau, et ce que les ostéopathes s'adressant aux adultes comme aux nourrissons vérifient tous les jours, il n'y a pas de solution de continuité dans les tissus vivants.

Ce qui concerne un crâne sur le plan tissulaire, ne peut être ignoré de n'importe quelle autre partie du corps et réciproquement.

Évidemment ça ne figure pas dans les livres de médecines et ça n'est pas enseigné à la faculté car même certains de ceux, parmi les médecins, qui ont tenu à phagocyter le mot ostéopathie pour l'accoler à médecine manuelle (DIU de médecine manuelle-ostéopathie), se refuse la plupart du temps à envisager cette globalité.

Humainement parlant on peut le comprendre, car accepter cela serait remettre en cause tout ce sur quoi se fonde leur pratique.

 

Cela dit il faut tout de même revenir sur le langage des ostéopathes, il y a matière à développement et je finirai peut être par y parvenir, m'y étant plus ou moins engagé depuis un moment. 

De façon sommaire, lorsqu'on est ostéopathe, on ne peut s'exprimer avec les mêmes mots, parlant de notre pratique, lorsqu'on s'adresse au patient ou à ceux qui l'accompagnent, parce qu'il faut faire simple et qu'on est pas là pour tenir des discours, ou lorsqu'on s'adresse à des médecins qui ne peuvent se contenter d'un langage par analogie. Agir sur les os du crâne, même de façon très fine, ça ne passe pas si l'on ne prend pas le temps de rappeler qu'il ne s'agit pas de jouer sur des rouages mais sur une certaine capacité de déformation dont le crâne est d'ailleurs capable tout seul, in utero, au cours du passage de la filière génitale, ou plus banalement encore parce qu'il supporte les conséquences d'un appui asymétrique prolongé, imposé par la position sur le dos.

Il est notable d'ailleurs de constater le relatif manque d'intérêt d'encore beaucoup trop de pédiatre, jusqu'à un passé récent, de ces déformations, qui pour eux allaient "s'effacer toutes seules". Les choses commencent à changer de façon "palpable". Sans doute au vu de certains résultats plus qu'encourageant.

Que le grand public se laisse "berner" par un phénomène de mode est peut-être un argument que l'autorité médicale peut brandir de temps à autre, mais face à l'intérêt que manifestent de plus en plus de médecins en général et pédiâtres en particulier, ça ne tient pas longtemps.

Après avoir accepté, avec peine, que les adultes puissent trouver un large bénéfice en confiant leur corps à l'ostéopathie, il faudra bien qu'un jour il en soit de même pour les "ébauches" d'adultes que sont les nourrissons.

 

Il reste à considérer qu'un article aussi visible que celui publié par Le Monde du 2 août, est lu non seulement par une partie d'un grand public qui peut accepter un certain langage, mais aussi par une partie qui ne le peut pas et qui risque de réagir de façon épidermique à une présentation pour elle inacceptable.

Les ostéopathes ont encore énormément de progrès à faire dans le domaine de la communication, communication qui inclut la maitrise d'un certain langage, une indispensable modestie et l'humilité qu'il sied de revêtir pour ceux qui savent par définition, qu'ils ne sont pas les auteurs d'une guérison ou à minima d'une amélioration, mais seulement les mobilisateurs d'une force qui ne leur appartient pas et sur laquelle ils n'ont d'autre pouvoir que celui de l'aider à s'exprimer.

 

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Nowar 22/08/2011 12:26


Un de mes voisins estivaux, fier comme un Bar Tabac, vint me porter un soir, à l'heure ou s'entrechoquer les glaçons dans les verres, un journal que vous citez en me disant avec cette fierté que
l'on ressent de découvrir que l'on voisine avec un héros, matinée du plaisir triomphant d'en être proche:
"oh putain, Bernard, tu as vu que l'on parle de l'ostéopathie même dans le monde"
L'apostrophe sonnait comme les trempettes d'Aïda, et après un silence soudain impudique, les goulées de jaune s'accompagnaient de commentaire sur la notoriété de l'ostéopathie, puisqu'on en parle
dans le monde.
La soirée me berça du plaisir de cette notoriété....,je n'aurai jamais du lire l'article qui comme le pal, dit-on, commençait si bien.
Je partage ton idée, l'ostéopathe doit et peut apprendre à communiquer, tare de naissance, peut-être, si l'on regarde les multiples avatars qui accompagnent l'ostéopathie depuis sa conception.
Mais cette communication sera peut-être un jour libérée par l'abandon du complexe médical et l'adoption, enfin définitive de la médecine ostéopathique.
Nowar


Trickster 25/09/2011 09:44



Mais pourquoi n'avais-je pas encore répondu à ce commentaire imbibé du lyrisme qui entoure Aïda à l'heure où elle fait trempette, négligeant ainsi d'honorer un Victor Hugo qui ne doit plus
s'ignorer en se précipitant sans retard sur la plume qu'il aura soin de laisser courir sur le velin à la poursuite d'une vérité non pas velue mais voulue par la communauté de tous ceux qui
attendent de voir l'ostéopathie atteindre avec vélocité les sommets auxquels elle peut prétendre. A ta santé Nowar.



seb 10/08/2011 13:43


Un très bel article, merci


Trickster 10/08/2011 15:17



Merci bienveillant lecteur critique.



peronnet 10/08/2011 13:22


Humilité,revaloriser notre fonction d'accompagnement de la vitalité ,à défaut d'une prise en charge,qui du reste est du ressort des médecins,tel serait le discour à diffuser et à répéter.
Chaque jours je m'y attache modestement, avec parfois l'impression de répéter inlassablement le même discour...Merçi pour cette précision nécéssaire dans cet article,qui comme à son habitude fait
preuve de discernement.


Trickster 10/08/2011 15:19



Nous avons tous à faire cet effort et malheureusement, le courage nous manque quelquefois pour faire ce qui nous semble une inlassable répétition.


Faisons de notre mieux.


Merci