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Publié par Trickster

Voilà une information brute de forme dont on ne peut que se réjouir sur le fond. Moins de chimie et plus de moyens naturels pour accompagner la santé de nos concitoyens, voilà enfin un encouragement au bon sens de la part d'un organisme officiel qui semble manifester de l'indépendance par rapport à la pesante tyrannie des laboratoires. Il n'est pas certain que ce rapport de la HAS soit accueilli à bras ouverts par les gros actionnaires de ces entreprises qui vivent si bien de la maladie.

Il montre au moins qu'au sein de la HAS travaillent des gens qui semblent vraiment préoccupés par la notion de santé avant de se pencher sur les intérêts de ces multinationales dont il est évident en pratique économique que le premier ressort prend appui sur la vente. Cette initiative un peu surprenante, sera peut-être, hélas, à "mettre au crédit" de Jacques Servier et de ses méfaits.

Dans le même temps on apprend que la cour d'appel de Versailles condamne le laboratoire UCB Pharma à indemniser un jeune dont la grand mère avait été traité par le distilbène, de sinistre mémoire, pour un montant de 1,7 millions d'Euros.

De temps à autre, le vent souffle dans la bonne direction, comme semble l'indiquer l'information ci-dessous.

Pour un développement des thérapeutiques non médicamenteuses  (Actus Univadis)

Dans un rapport publié le 7 juin, La Haute Autorité de santé (HAS) prône le "développement de la prescription de thérapeutiques non médicamenteuses validées", telles que l'alimentation, l'activité physique ou la psychothérapie, expliquent Le généraliste et Le Monde. Selon Clémence Thébaut, qui a piloté ce dossier, les freins au développement de ces pratiques sont "de nature culturelle et sociétale" - "la valeur symbolique attachée à la représentation du médicament est forte, de même que celle liée à la rédaction de l'ordonnance" -, "économique" - "la rémunération actuelle des médecins (...) ne [les] incite pas à consacrer du temps à leur patient" -, et vient également d'un manque d'information. Aussi la HAS souhaite que les professionnels de santé et le public puissent changer de regard sur ces pratiques, grâce à une évaluation de leur intérêt voire une prise en charge par la Sécurité sociale, et recommande des actions de sensibilisation et d'information à l'intention des médecins ainsi qu'une évolution de leur mode de rémunération.

 

Bien entendu, ce rapport et surtout la manière dont il va être reçu par les différents acteurs de santé pose pour le moment beaucoup plus de questions qu'il n'offre de réponses.

D'abord les prescripteurs; comment sortir des plis dans lesquels ils sont installés depuis si longtemps ? Comment garder le pouvoir en s'éloignant d'arguments utilisés depuis longtemps ? Comment, de prescripteurs acharnés, devenir soudain conseillers en santé ? Comment justifier qu'on n'aurait peut-être pas eu, depuis des décennies, la bonne attitude ?

Certains se sont déjà posé ces questions et ont pris de la distance par rapport au système en passant en secteur II ou en soins non-conventionnés. C'est effectivement la seule façon de pouvoir consacrer un temps raisonnable au patient, mais encore faut-il aussi changer de culture et s'affranchir du joug des laboratoires.

Quelques signes sont encourageants. Cette initiative de la HAS où, à l'évidence, il existe des personnes qui prennent leur mission à cœur est significative. Jusqu'où pourra-t-elle aller ? 

 

AA

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