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Publié par Trickster

J'ai entendu ça assez souvent et, il m'est arrivé de penser aussi : "encore une association, pour quoi faire ? que propose-t-elle ?" C'est vrai que jusque là, en dehors de l'honneur de faire partie de ceux qui tiennent à protéger l'ostéopathie et à suivre le "vieux docteur" disant sur son lit de mort : "keep it pure boys, keep it pure", le RNO n'offrait pas, à ma connaissance, de lecteur video, pas de radio-réveil ni de caméra vidéo au titre d'un "abonnement" à l'association. Alors bien sûr, adhérer sur un simple engagement de bonne intention (alors que toutes les structures semblent en déborder) manquait un peu d'attrait.
Pour les plus anciens d'entre nous cependant, il était notable que la composition même du groupe des créateurs de ce répertoire avait de quoi interpeller.
Les initiateurs du RNO, devenu RNOC, sont issus des deux associations les plus anciennes et les plus représentatives de l'ostéopathie en France. Représentatives c'est certain mais, ô combien rivales pendant bien trop d'années.
Le Syndicat Français Des Ostéopathes (ex AFDO) et l'Union Fédérale des Ostéopathes de France (UFOF), pour défendre une cause qui leur était commune, n'ont guère cesser de s'affronter jusque dans le courant des années 90. Absurde c'est vrai ! Mais c'est ainsi.
Et voici que l'on retrouve réunis dans une démarche commune, au sein du conseil d'administration du RNO, certains des principaux dirigeants de ces associations absurdement rivales, affichant ensemble, la ferme intention de défendre une ostéopathie tellement menacée, sur les fondements de sable octroyés par les pouvoirs publics, au mépris du bon sens le plus élémentaire.
En tout cas, s'il y a lieu de parler de bon sens, ce bon sens n'était pas celui de l'ostéopathie désormais écartelée, entre des médecins qui la considèrent comme un recueil de techniques manipulatives, des kinésithérapeutes qui, dans le même esprit, ne se gênent sans doute pas pour l'utiliser en tant qu'adjuvant dans leur pratique de rééducation, et des ostéopathes enfin pour qui l'avenir assombri doit aussi tenir compte du cursus imposé par les décrets, amputé de sa cohérence et d'une partie de son contenu.
Cinquante écoles ! C'est à ma connaissance le chiffre actuel des écoles qui ont obtenu un agrément. Agrément pour former des gens qui obtiendront un titre. Dans quelles conditions ? Avec quelle qualité de formation ? Peux-t-on estimer à plus de quarante pour cent le nombre des écoles qui peuvent prétendre à une qualité suffisante pour la formation des futurs ostéopathes ? Je ne le crois pas.
La motivation des créateurs d'écoles, particulièrement les plus récemment déclarées est assez claire.
C'est un créneau qui rapporte ! Cela durera ce que cela durera mais c'est toujours ça de pris.
Mais quid des jeunes diplômés incompétents qui ne pourront pas s'en sortir ? Quid des patients potentiels qui feront l'expérience d'une formation inaboutie, qui en feront les frais aussi. Et Quid de l'ostéopathie jugée au filtre de la déception et de l'inefficacité. Le plan semble parfait. Réduire l'ostéopathie à un bricolage manuel qui conviendrait parfaitement à ceux qui l'utilisent comme tel depuis longtemps. Mais quelle tristesse.
On ne peut pas laisser faire ça ! Ceux qui ont le soucis de la pérennité de l'ostéopathie véritable, bien au delà de leurs intérêts personnels, ne peuvent pas être insensibles à cela.
Alors afficher le qualifiant clinicien est un moyen de montrer cette préoccupation, d'attirer l'attention et cela me semble être une très bonne idée.
¨Être Ostéopathe" devrait être suffisant mais dans le contexte actuel cela ne semble plus être le cas. Du désastreux produit "à venir" de l'application des décrets de 2007, le terme Clinicien devrait permettre de distinguer ceux qui ont reçu une formation nécessaire et suffisante, ceux qui travaillent véritablement à la clinique ostéopathique et ceux qui vivent dans et pour l'ostéopathie.
Les écoles de qualité se reconnaissent au cursus qu'elles affichent, qui ne peut être inférieur à 4300 heures de formation, et qui ne peut exclure une clinique véritable, seule garante de la capacité des diplômés à prendre en charge des patients.
Alors merci au RNOC pour cette initiative. 

Alain Paitueux  imgres.jpeg
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